Expiation, Elizabeth Von Arnim

Le teasing a suffisamment duré, il est temps de vous parler de cette perle dénichée fin janvier dans un recoin du Waterstones de Trafalgar Square ….Car Von Arnim fait hélas partie de ces auteurs qu’on cherche en se disant « Sait-on jamais, peut-être que… » : fortement méconnue, ayant écrit peu de romans, elle n’est jamais vraiment en stock. Or pour l’instant, ZERO déception, que ce soit à travers Fraulein Schmidt and Mr Anstruther, découvert grâce à Ellettres, Enchanted April, ou Vera, cet auteur fait partie de mes auteurs anglophones préférés.

Petite précision – ce livre n’a RIEN A VOIR avec Expiation (Atonement) de Ian Mc Ewan.

Dans Expiation, on entre dans l’univers de la famille Bott, famille bourgeoise de la banlieue cossue de Londres. Ils sont tous réunis pour l’ouverture du testament de l’un des frères, Ernest, qui laisse derrière lui une veuve admirée et aimée par le reste de la famille. Milly, 45 ans, est en effet le modèle de la femme idéale, respectable, dévouée, qui a su s’arrondir avec les années, l’image même de la femme confortable. Alors qu’ils se préparent à choyer cette belle-sœur exemplaire, ils découvrent que son mari l’a exclu de son testament, ne lui laissant que 1000 livres en tout et pour tout. Que lui vaut cette déchéance ?

Ce livre est un délice de finesse et d’humour, une critique de la société anglaise bien pensante et une histoire qui se savoure à petit feu, pour faire durer le plaisir.

  1. La famille Bott

Who wouldn’t be kind to poor little Milly in her sorrow ? Not only were the Botts kinds, but the whole of Titford was kind. That important south London suburb appreciated the Botts, so financially sound, so continually increasing in prosperity. [..] Titford was full of Botts and every one of them was a credit to it.

La famille Bott est au premier abord le parangon de la famille respectable, au moins 4 frères et un nombre indéterminé de filles, tous mariés, avec enfants, tous résident de Titford, avec des carrières respectables et un attachement inné à éviter à tout prix un quelconque qu’en-dira-t-on. La famille doit rester unie à tout prix aux yeux de Titford, et malgré le doute qui commence à perler sur l’exemplarité de Milly, chaque frère Bott se doit de l’accueillir, quand bien même leurs femmes ne sont pas complètement d’accord.

La mère Botts est la sagesse incarnée, elle habite « à distance raisonnable pour que tous puissent aller la voir mais sans être trop près pour ne pas les envahir » et ne comprend pas que ses chers enfants se disputent ou s’inquiètent car tout finit par passer et par paraître bien ridicule à qui vit suffisamment longtemps..

Et même Milly a au début en tout cas toute sa place en tant que Bott

What a wife. What a nice place the world would be if all wives were more like Milly, the male Botts had frequently thought – whispering it to themselves, for it wouldn’t do to say it out loud – when they had been having trouble with their own. […] Dear, easy-going little woman. One would do anything for a woman like that. And so pleasant to look at, too – so round and soft. All wives should be round and soft, if only because one had to sleep with them.

2. le Crime de Milly

Milly était-elle effectivement fautive ? Elle se débat contre elle-même tout au long du livre pour savoir si sa faute justifie ses « punitions » actuelles : elle, dans ce mariage ni heureux ni malheureux où elle s’est épaissi d’année en année

[SPOILER ALERTE – je change de couleur pour ce qui voudraient éviter le spoil – pour les autres, il suffit de surligner le paragraphe suivant, c’est en blanc sur fond blanc]

était-ce un crime de tomber amoureuse de ce gentil professeur universitaire avec qui la routine a bien vite pris le pas sur la passion torride, si ce regain d’intimité lui a permis d’être une femme encore plus dévouée, encore plus respectable ? Etait-ce un crime plus ou moins grand que sa sœur, partie contre l’avis familial épouser par amour un hotelier suisse à 19 ans ? Crime aux yeux de la famille Bott, qui a valu à Milly une interdiction formelle de contacter sa soeur pendant près de 20 ans…

[FIN DU SPOILER, vous pouvez raccrocher]

3. La fin du livre

La fin de ce livre est juste… sublime. Parce qu’on suit quand même les péripéties de Milly et la famille Botts pendant 384 pages, le dénouement a un poids certain, on a eu le temps de s’attacher aux personnages, de prendre position dans le débat interne… la fin a donc toute sa place. mais je vous laisse la découvrir. C’est juste …. à découvrir!

2 commentaires sur “Expiation, Elizabeth Von Arnim

  1. Oh là là tu m’as drôlement hameçonnée avec ton billet sur ce titre de Von Arnim que je ne connaissais pas ! Hâte de faire la connaissance de cette famille de petits-bourgeois et de cette épouse pas si sage… J’ai savouré tous les extraits que tu as cités, rien que le ton, le discours indirect libre si ironique, m’ont fait sourire intérieurement… Mais j’ai encore Vera et The Caravaners dans ma PAL à découvrir avant (et je sais que je vais adorer aussi !)

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