Paula, Isabel Allende

Paula, la fille d’Isabel Allende, souffrant de porphyrisme, fait une grave crise au tout début du livre, et plonge dans un coma prolongé. Sa mère décide de lui raconter l’histoire de sa famille, dans l’espoir de la faire revenir.

Ce livre est un livre poignant, que j’ai mis du temps avant de me décider à le lire. Je craignais la douleur de la mère qui voit son enfant partir. La douleur d’un espoir qui s’effondre. Isabel Allende a beau être la reine du « réalisme magique » (à mes yeux ;-)), je craignais le réalisme du récit.

Paula avait 29 ans, mariée depuis 1 an à celui qui est décrit comme l’amour de sa vie. Une jeune femme engagée, au service des enfants, qui avait découvert la foi catholique. Sa mère lui raconte à l’oreille en Espagne puis en Californie où elle la rapatrie l’histoire fantasque de sa famille, de sa grand-mère à elle, qui a inspiré Clara de la Maison aux Esprits jusqu’à l’exil au Venezuela et le remariage d’Isabel Allende. Le récit de Paula et de ses proches entrecoupe l’histoire racontée par sa mère.

C’est une histoire d’amour, d’Isabel à Paula mais aussi à sa mère à elle et aux femmes de sa famille.

«Pienso en mi bisabuela, en mi abuela clarividente, en mi madre, en ti y en mi nieta que nacerá en mayo, una firme cadena femenina que se remonta hasta la primera mujer, la madre universal. Debo movilizar esas fuerzas nutritivas para tu salvación» .

Je pense à mon arrière grand-mère, à ma clairvoyante grand-mère, à ma mère, à toi et à ma petite-fille qui naîtra en mai, une forte chaine féminine qui remonte jusqu’à la première femme, la mère universelle. Je dois mobiliser ces forces nutritives pour ta guérison (trad. personnelle)

 

«Desconsolada abracé a mi madre y comprobé que a pesar de haberse reducido de tamaño con la edad, todavía es una enorme presencia protectora. A su lado Willie parece un gigante, pero cuando busqué un pecho donde apoyar la cabeza, el de ella me resultó más amplio y seguro que el de mi marido»

Eperdue de douleur, j’ai embrassé ma mère et j’ai pu constater que malgré sa taille qui réduit avec l’âge, c’est toujours une énorme présence protectrice. A ses côtés, Willie paraît gigantesque, mais lorsque j’ai cherché une épaule sur laquelle m’appuyer, celle de ma mère m’a parue plus large et réconfortante que celle de mon mari (trad. personnelle)

C’est une réflexion sur la vie, sur la mort et la transcendance de l’amour. Sur le pouvoir de l’histoire, des histoires et sur la capacité à accepter l’inacceptable.

«Me sobra tiempo. Me sobra el futuro completo. Quiero dártelo, hija, porque has perdido el tuyo»

J’ai  du temps en trop. J’ai un futur entier en trop. Je voudrais te le donner ma fille, puisque tu as perdu le tien. (trad. personnelle)

Un livre vraiment beau, que je conseille (sauf si vous n’avez pas trop la forme ou vous craignez de trop vous identifier, on se comprend).

2ème Participation au Challenge latino! chez @Ellettres

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