Une journée d’Ivan Denissovitch, Alexandre Soljenitsyne

Périodiquement, n’ayant « plus rien à lire », nous faisons un petit passage à la FNAC. Ayant peu d’inspiration la dernière fois, je me suis tournée vers ce « classique », ce livre qu’il « faut avoir lu ». Mais les regrets sont rares avec cette technique.

Prisonnier depuis 8 ans, Ivan Denissovitch Choukhov est un zek, détenu dans un goulag en Sibérie.

A travers ce prisme d’une journée « comme les autres », Soljenititsyne nous introduit au froid radical (-30°C) qui attaque les mains, les pieds et les visages, à la faim extrème qui permet de se réjouir de 100g de plus de plain, à la volonté de déshumanisation de la part des soldats, des punitions absurdes, l’attente dans le froid, les pieds dans la neige, à l’extraordinaire capacité de résilience de l’être humain. Choukhov n’espère rien de plus que de manger un peu, fumer un peu et dormir.

A travers Choukhov, et l’ensemble de ses camarades de brigade, tous emprisonnés pour des raisons les plus absurdes les unes que les autres pour des durées inhumaines, ce livre est un choc. Un choc quand on sait que l’auteur a vraiment vécu l’enfer du goulag, que les biographies décrites sont réelles.

Ce choc est renforcé à mon sens par le prisme de lecture : il ne s’agit là que d’une seule journée, certes de 4h du matin à 23h mais sans trop de problèmes du point de vue de Choukhov, puisqu’il n’a pas été envoyé au chantier le plus dur, il a pu manger, il a pu fumer… La conclusion du livre laisse sans voix : « Des journées comme ça, dans sa peine, il y en avait d’un bout à l’autre, trois mille six cent cinquante trois. Les trois de rallonge, c’était la faute aux années bissextiles ».

Le style est surprenant, je ne sais pas si c’est lié à la traduction, j’ai eu par instants l’impression de lire du San Antonio, cette gouaille à moitié argotique, si surprenante : « Toute la brigade 104 l’avait vu se faire pincer, mais personne ne mouffeta » »Le poêle chauffait dur. En bourgerons sales, deux surveillants jouaient aux dames, tandis que le troisième, ceinturon bouclé, en touloupe et bottes de feutre, dormait sur un banc ».

A lire, avec de préférence un petit peu de temps ou un bon marque page puisqu’il n’y a pas de chapitres.

 

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