Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie

Ecrit en anglais, lu en VF – que voulez-vous, pas de bon rayon VO près de chez nous… (en recherchant des infos pour ce post, je découvre que la version poche ne date que de 2016)

« Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés, quand tout à coup le fait d’être noir est censé dicter vos réactions et vos pensées ?  » (4ème de couverture – édition Folio)

Par de nombreux allers retours temporels et géographiques, ce livre retrace tant l’adolescence de ces deux tourtereaux Igbo à Lagos que leurs parcours individuels en tant qu’adultes, aux Etats-Unis, à Londres et à Lagos. Ifemulu est une jeune fille vivace et sensée mais jeune néanmoins qui se heurte à un véritable choc des cultures en arrivant aux Etats-Unis, qu’aucune lecture préalable n’aurait pu aider à dissiper. Elle décide de tenir un blog sur ses analyses des relations entre Noirs et Blancs aux Etats-Unis. Obinze, malgré un amour déclaré des les premières pages pour les Etats-Unis tente sa chance en Angleterre, et permet par là une analyse féroce du racisme latent en Europe. Le retour de l’un et l’autre au Nigeria permet enfin un portrait contemporain de la société au Nigeria présentée par un regard « étranger »…

Ceci est le deuxième titre que je lis de cet auteure et je ne regrette toujours pas: il est incisif, drôle, bien écrit (et je pense bien traduit) et se démarque d’une littérature « classique » grâce à cette temporalité du texte tellement souple. Les personnages sont attachants mais ne sont en rien angéliques: Ifemulu est têtue, Obinze est naïf (et légèrement mou à mon goût) et pourtant je n’ai jamais songé à arrêter en cours de route. En ces temps si marqués par (la nécessité à mon sens) d’un mouvement  comme #BlackLivesMatter, certaines des réflexions d’Ifemulu sur son blog sont on-ne-peut-plus d’actualité. Elle disserte par exemple sur les faibles chances qu’aurait eu Obama si Michelle Obama ne s’était pas lissée les cheveux.

Mais ce livre n’est pas seulement sur le fait d’être noir(e), c’est comme beaucoup de bons livres un chemin de croissance, de découverte, de maturité. L’adulte qu’on devient n’est pas toujours celui qu’on avait pensé devenir et la réconciliation est toujours essentielle.

« Does it matter what color? Well, that gets nope.
Be it pink purple or heliotrope.
Now sometimes you’re up and sometimes you’re down,
When you find that you’re down well just look around:
You still got a body, good legs and fine feet,
Get your head in the right place and hey, you’re complete »

(tiré du court métrage « Bounding » de Pixar)

 

 

 

 

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2 réflexions sur “Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie

    1. panullum

      Ca a été une surprise très agréable puisque ces livres ont été choisis absolument par hasard dans la série « nous n’avons plus rien à lire passons à la Fnac »…. Après, en faisant quelques recherches, elle rafle tous les prix littéraires qui existent donc ce n’est peut-être pas si surprenant… 😉

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