La case de l’oncle Tom, Harriet Beecher Stowe

Titre original: Uncle’s Tom Cabin, pour une fois lu en VF car trouvé sur un marché d’occasion et n’ayant plus grand chose à lire, je n’allais pas chipoter.

L’histoire, relativement simple (d’où peut-être sa catégorisation en histoire pour enfants?), suit le destin de deux esclaves, Elisa et Tom dans le Sud américain juste après que leur maître décide de les vendre pour sauver sa plantation. Elisa décide de s’enfuir pour sauver son enfant et peut-être rejoindre son mari, évadé lui aussi. S’ensuit une course poursuite, occasion pour l’auteur de plaidoyer contre la loi qui entend punir ceux qui aident les esclaves fugitifs en diminuant leurs droits ainsi que ceux des esclaves libérés et de louer les Quaker, abolitionnistes et profondément humains. Tom, lui, accepte son sort et est tout d’abord vendu à un bon maître, Saint-Clare puis à un méchant.

Ce grand classique de la littérature américaine manquait très clairement à ma collection, moi qui ai détruit à force de lire et relire les Quatre Filles du Docteur March (et les suites), la Petite maison dans la prairie, Treize à la douzaine…

Ce livre, comme tous les livres pour enfants, gagne à être lu en tant qu’adulte. Je n’ai aucun mal à croire que Beecher Stowe ait été une abolitionniste convaincue, ainsi qu’une chrétienne passionnée qui défendait l’égalité entre toutes les races (selon la compréhension de l’époque). Et je ne doute pas que ce livre ait a la fois eu un impact sur le mouvement abolitionniste et sur les stéréotypes impressionnant qui découlent des noirs en tant que « grands enfants » qu’on a reproché à l’auteure. Les personnages noirs sont décrits de façon quasi identique dans Autant en emporte le Vent d’ailleurs, livre pourtant publié 86 ans plus tard.

Mais au delà de ce premier degré, ce livre cible parfaitement les tensions d’une société marquée par tant d’ a priori, par tant d’étiquettes apposées à la hâte. sur chacun. Topsy petite fille qui ne connait que la haine et la crainte ne peut reproduire que ce qu’elle connait. Ophélia Saint-Clare, intellectuellement opposée à l’esclavage, ne sait pourtant pas traduire ses pensées par des gestes concrets, et n’arrive pas à vivre cet amour d’autrui auquel elle croit pourtant fermement. Les Shelby, aussi généreux qu’ils soient ne réussissent pourtant pas à s’extraire d’un schéma social contraignant à la ségrégation. L’espoir transparait dans ce livre à travers les enfants.

A lire.

 

 

 

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