Arrancame la vida, Angeles Mastretta

(En espagnol, exigez une traduction! – littéralement: Arrache moi la vie)

[Edition : le livre existe en français, c’est L’Histoire très ordinaire de la générale Ascencio – merci  @Ellettres !]

Ce récit à la première personne de la vie de Catalina Guzman, jeune femme de la petite bourgeoisie de Puebla (Mexique), dans les années décrit un destin étonnant, de celle qui épouse très jeune un général plus âgé, homme à femmes, homme violent, et qui s’impose dans le paysage politique mexicain post révolutionnaire. Cette jeune fille naïve devient sous les yeux des lecteurs maîtresse de maison, femme d’homme politique, belle-mère de nombreux enfants, amoureuse, amante, épouse.

Le récit valse géographiquement entre la ville de Puebla, province par excellence et la ville de Mexico, dans une époque où tout était encore à construire, et la relation de couple qui se construit à travers le temps évolue avec les personnages, ce général si détestable dans son arrogance n’en est pas moins attachant avec le temps, et l’on perçoit bien les liens inévitables du mariage tant par amour, que par devoir, que par routine… Une époque où tout change, les convenances, les liens sociaux, le système politique.. et tout reste pourtant identique, et le poids des traditions dirige tout.

« Me sentí libre. Tuve miedo. »

Angeles Mastretta est un écrivain mexicain contemporain, que j’ai découvert tardivement mais que j’apprécie beaucoup. Les trois romans lus jusqu’ici (Mujeres de Ojos Grandes, Mal des Amores (Mal d’Amour, le seul traduit en français – à lire également!!) et Arrancame la vida font le choix d’une narration exclusivement féminine, pour des récits « historiques » dans un Mexique historiquement machiste. C’est des récits d’amour, des récits d’amitié, des récits d’aventures.Ces femmes sont à la fois incarnées dans leur époque et pourtant atemporelles, universelles, à la fois extrêmement modernes dans leurs réflexions, dans leurs actions, et moulées dans un système bien trop étroit pour elles. Le style écrit est très libre, mais très fluide, ce qui renforce cette modernité:

« Yo me hubiera casado en Catedral para que el pasillo fuera aun más largo. Pero no me casé. Andrés me convenció de que todo eso eran puras pendejadas y de que él no podía arruinar su carrera política. Había participado en la guerra anticristera de Jiménez, le debía lealtad al Jefe Máximo, ni de chiste se iba a casar por la iglesia. Por lo civil sí, la ley civil había que respetarla, aunque lo mejor, decía, hubiera sido un rito de casamiento militar. »

[beaucoup de mexicanismes – amateurs de Cervantes, soyez ouverts d’esprit]

Ce livre mis en musique serait un beau tango, une chanson d’amour-haine, de la joie et de la mélancolie. C’en est d’ailleurs un qui illustre ma couverture, cela tombe bien.

 

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2 réflexions sur “Arrancame la vida, Angeles Mastretta

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