L’autre moitié du soleil, Chimamanda Ngozi Adichie

Half of a yellow sun dans sa version originale. L’histoire de deux soeurs de l’ethnie Igbo, Olanna et Kainene, issues d’une famille aisée, éduquées à l’anglaise dans le Nigeria des années 1960. Le Nigéria et la sécession du Biafra, l’espoir de l’indépendance, d’une création, d’une nouvelle vie. Espoir vite déçu. 

Je fais souvent l’effort de lire en version originale les livres dont je maîtrise la langue, mais c’est l’exception qui confirme la règle. Et je dois dire que je n’ai pas souffert une seule seconde, car la traduction est extrêmement fine, et permet clairement de ressentir les différents niveaux de langage des personnages. Car Olanna et Kainene ne sont finalement que les fils directeurs de l’histoire. Ugwu, le boy d’Odenigbo (le conjoint d’Olanna), jeune garçon qui vient droit de son village au début du roman, en côtoyant les intellectuels nigérians de Nsukka amis de son maître change de registre, jusqu’à devenir maître. Richard, le journaliste anglais devient ou souhaite devenir Biafrais, et s’acculture au point de couper les liens avec la communauté expatriée. Les soldats, les réfugiés, les villageois, les Igbos, les Youroubas, les Haoussa, tous permettent par leurs discours de reconstituer cette énorme mosaïque du Nigeria que je n’imaginais pas. Les personnages semblent tous réels, Olanna douce et idéaliste souhaite toutefois que sa fille joue avec des enfants « comme il le faut », même en temps de guerre, Ugwu est têtu, comme tout adolescent qui se respecte…

L’aspect historique de ce livre m’a beaucoup plu. Je ne connaissais que peu la guerre du Biafra, qui n’avait été évoquée en cours qu’anecdotiquement au cours des quelques heures passées sur la décolonisation : volonté de sécession+ terrain pétrolier+ conflits ethniques+ ancienne tutelle qui se désengage = conflit meurtrier. Or ce livre est d’autant plus impressionnant qu’une grande partie n’aborde pas la guerre. On y perçoit un pays qui se construit, des élites quelque peu idéalistes, une population jeune, de l’espoir, beaucoup d’espoir. Et la violence des conflits qui s’en suivent n’en est que plus impressionnante. Le chaos, la barbarie, la sauvagerie la plus inimaginable. Et au sein de l’horreur, l’indifférence du monde extérieur. La vie qui continue à Lagos, à Londres.

Ce livre est un très bon roman historique et une bonne base pour un peu de questionnement philosophique, sur l’homme, ce qui lui permet de tenir au milieu du désespoir, ce qui le pousse à devenir animal, ce qui peut lui permettre le pardon.

 

Je conseille! Et si quelqu’un a vu le film qui en a été fait, qu’il n’hésite pas à donner un avis!

 

 

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3 réflexions sur “L’autre moitié du soleil, Chimamanda Ngozi Adichie

  1. Ellettres

    Il a l’air génial ! J’avoue que je ne connais, mais alors pas du tout l’histoire du Biafra (ni du Nigéria en général). Je lis trop peu d’auteurs africains… Celui-ci va droit sur ma liste !

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    1. panullum

      Ça avait été un peu ma réflexion, dans la partie littérature étrangère je vais plus naturellement vers les auteurs hispanophones ou russes .. et là! Il est vraiment bien! par contre peut-être sauter les descriptions un peu trop décrites des massacres..

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  2. Ping : Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie – Rosa, rat de bibliotheque

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